La pédagogie passe aussi par le jardin au lycée Marie-de-Champagne

Utiliser le théorème de Pythagore pour créer un hôtel à insectes ou développer son rôle de citoyen… voici quelques-unes des vertus du jardin pédagogique du lycée.

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L’obtention du label Écolycée, un terrain inutilisé juste derrière la salle des profs, il n’en fallait pas plus pour que Pascal Marguin, enseignant de maths-sciences au lycée Marie-de-Champagne, ait l’idée de mener avec ses élèves un projet de jardin pédagogique. « L’idée était d’utiliser le jardin comme support pédagogique et de travailler sur différents thèmes fondamentaux de l’écologie comme l’eau, le recyclage, la gestion des déchets, la biodiversité, mais aussi l’aspect solidaire et civique », résume le professeur.

« Une pédagogie de projet »
Qu’ils soient en terminale ou en seconde CAP petite enfance, en BTS ESF (économie sociale et familiale), tous, depuis le début de l’année scolaire, sont amenés à mettre la main à la pâte pour aménager non seulement ce carré de verdure, mais également fabriquer un abri de jardin, des nichoirs pour les mésanges et des hôtels à insectes.
Il ne s’agit pas d’un divertissement, mais bien d’une « pédagogie de projet. On travaille sur un référentiel de compétences dans les diplômes des élèves », insiste-t-il.

Pour fabriquer l’hôtel à insectes, les lycéens doivent, par exemple, faire appel à des notions mathématiques et intégrer, entre autres, le théorème de Pythagore.

La rigueur de l’hiver est passée par là et il ne subsiste, en ce moment, que quelques choux, des légumes plantés ces mois derniers.
Pourtant, la récolte a été bonne, tomates, thym, menthe, cucurbitacées, courgettes, carottes, poireaux… Autant de légumes qui ont servi en cuisine. Car le jardin pédagogique est l’affaire de tous et pas seulement de quelques élèves.
« Nous avons mis en place une granothèque pour échanger des graines et insister sur les notions de solidarité et d’autonomie. Au CDI, des livres sur le jardinage ont été acquis et les plantes et graines du jardin sont également parfois utilisées en sciences et vie de la Terre afin d’être étudiées au microscope. »
Il reste encore beaucoup à faire d’autant qu’une journée du jardin pédagogique est prévue le 18 mai. « Nous accueillerons des élèves de l’école maternelle Pasteur avec lesquels les terminales ont travaillé sur un potager. Ils se présenteront le fruit de leur travail respectif. Ensuite, les secondes prendront le relais pour proposer cinq activités et faire découvrir les insectes. »
Un vrai plus pour les jeunes, qui donnent du sens à leurs enseignements. « En pratiquant, c’est plus facile », reconnaît Vilmy, en CAP petite enfance. « C’est concret. On est vraiment accroché. Ça nous incite à mieux travailler, à plus participer en cours. On est plus à l’aise. » Et c’est bien l’objectif premier recherché.

Aurore CHABAUD, l’Est Eclair


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